Jean-Joseph de Laborde,
banquier de Louis XV, mécène des lumières,

Un livre consacré à Jean-Joseph de Laborde, né de la coopération de François d’Ormesson, un des acteurs du sauvetage du domaine de Méréville et de l’historien Jean-Pierre Thomas. C’est la première biographie consacrée à Laborde, personnage hors du commun, fermier général et banquier de Louis XV. Navarrais, d’origine plutôt obscure, mais commerçant et homme d’affaires de première force, Laborde sut, par son travail et son sens des affaires, se constituer une fortune considérable, se hausser au premier rang et se concilier l’amitié d’un ministre, le duc de Choiseul, et celle d’un roi. Grand bâtisseur dans Paris, protecteur des artistes et amis des écrivains, bibliophile et franc-maçon, le nouveau marquis sut, à une époque où il était rare d’avoir des scrupules, se créer une réputation d’honnête homme, altruiste et novateur. Il parvint même à faire oublier qu’il importa et transporta pendant vingt ans sur ses vaisseaux, depuis l’Afrique, quelques 2.273 noirs destinés à travailler dans ses plantations de Saint-Domingue… Favorable aux principes essentiels de la Révolution, ses capacités d’adaptation ne l’empêchèrent cependant pas de commettre des bévues irréparables qui le rendirent suspect, en particulier pour avoir accepté de prêter de l’argent au roi Louis XVI lorsqu’il préparait sa tentative de fuite et celle, fatale, de rater sa propre fuite en venant à Méréville embrasser sa femme et sa fille, là où on l’attendait précisément pour l’arrêter… ce qui le conduisit, après le roi, à l’échafaud le 18 avril 1794.
Ouvrage d’érudition, fruit de longues recherches, ce livre se lit cependant avec plaisir, comme un roman. Il ravira tous ceux qui veulent mieux connaître celui qui a su concevoir et faire réaliser par l’architecte François-Joseph Barré, puis le célèbre peintre Hubert Robert, le parc du château de Méréville, un des plus beaux jardins pittoresques que le XVIII° siècle ait laissé sur notre sol.

Le jardin de Méréville

C’est un recueil de photographies réalisé durant quatre saisons, en 2001 et 2002 par Jacqueline Salmon, photographe lyonnaise au talent reconnu, avant que les premiers travaux de restauration du parc et du château ne soient entrepris. Il s’agit donc, en quelque sorte d’un état des lieux effectué par le Conseil Général de l’Essonne, propriétaire du domaine depuis le 4 décembre 2000. Cet ouvrage est là pour témoigner de l’état de décrépitude dans lequel le parc et le château sont parvenus après presque un siècle d’abandon. Monique Mosser, chercheur du CNRS à l’Ecole d’Architecture de Versailles, spécialiste de l’Art des jardins du XVIII° siècle est l’auteur de l’étude exhaustive et très savante de vingt cinq pages qui précède les photographies. Quarante-six vues décrivent ce monde clos de murs où les propriétaires successifs se sont alliés depuis la fin du XIX° siècle aux éléments naturels pour le transformer, par manque d’entretient et même destruction volontaire, en jungle sauvage. Ce petit coin de paradis pour esthètes, aménagé avec amour par le marquis de Laborde est devenu au gré des ans un fouillis de ronces et de hautes herbes folles, de lianes pendantes et d’arbres pelés, d’où émergent parfois au gré d’une avance très difficile, des ponts que plus personne ne franchit et des morceaux de murs ruinés baignés de lumière glauque qui semblent remonter à une antiquité fabuleuse. Pourtant, protégées par leur environnement souterrain, les grottes artificielles pavées de galets ronds ont conservé, contre vents et marées, leur mystère originel, comme un appel poignant de la Terre vers les hommes pour qu’ils renouent avec elle un contact brisé…

L’incroyable chevauchée d’Hubert Robert
d’Etampes à Méréville, en 1788

Cet ouvrage est plus particulièrement destiné aux enfants mais peut également être lu par les adultes. Il s’agit d’un album cartonné de format 34x23, dont le texte est dû à Clément Wingler, archiviste de la Ville d’Etampes, historien, auteur de plusieurs études sur la région . Les dessins sont de Philippe Legendre- Kvater, peintre au talent reconnu. Il s’est consacré, en particulier à l’illustration de livres pour enfants à connotation traditionnelle et féerique. L’histoire qu’il raconte « aurait pu exister » tant l’érudition des auteurs concernant la vie et les coutumes du XVIII°siècle est grande et leurs recherches précises :
Le peintre Hubert Robert, venant à cheval par la route de Fontainebleau se rend à Méréville pour présenter au marquis de Laborde les derniers plans du parc alors en cours d’aménagement. A Etampes il est hébergé, pour la nuit , par le gouverneur, le marquis de Valory. Le lendemain, en route vers Méréville par la vallée de la Juine, charmé par la beauté du paysage il s’arrête à Ormoy pour faire un croquis. Un voleur en profite alors pour lui prendre son cheval qui porte, accroché à la selle, un rouleau de cuir contenant les précieux plans. S’en suit une poursuite épique à travers plaines et vallons, côteaux et villages, durant laquelle le peintre, aidé de la maréchaussée locale, poursuit, sans succès, le voleur. Bien mortifié, Hubert arrive à Méréville où il trouve Jean-Joseph de Laborde, assisté de sa fille Nathalie, fort occupé à surveiller les travaux de son château. Là, ô miracle, il retrouve son voleur qui s’était engagé comme ouvrier et mis en vente le cheval sous la vieille halle. Robert récupère sa monture et en même temps ses plans : tout est bien qui finit bien! Les admirables dessins aquarellés de Philippe Legendre accompagnent avec bonheur le texte de Clément Wingler en un agréable et pittoresque voyage dans le passé, pour le bonheur des petits comme des grands.

 
 
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A propos de Méréville